Campements dans le Centre-Sud
La présence d’un campement dans un quartier peut susciter de l’inquiétude. IIl est important de rappeler qu’un campement est rarement un choix de premier recours: il apparaît lorsque des personnes n’ont plus accès à des solutions de logement ou d’hébergement sécuritaires.

Pourquoi des campements apparaissent dans Centre-Sud?
Des causes structurelles
Les campements urbains apparaissent lorsque certaines personnes n’ont plus accès à un logement, un refuge, ou un lieu sécuritaire où aller.
Ce phénomène est lié à plusieurs facteurs:
- manque de logements abordables
- évictions plus fréquentes
- hausse du coût de la vie
- manque de places en hébergement social et communautaire
- sous-financement du milieu communautaire
Certaines personnes ont encore plus de difficulté à trouver une place en hébergement
Les refuges ne peuvent pas accueillir ou sécuriser tout le monde, notamment les:
- couples
- personnes LGBTQIA2S+
- personnes avec un animal
- personnes ayant vécu des violences
- personnes ne se sentant pas en sécurité dans certains refuges
Pour plusieurs, un campement devient donc un dernier refuge dans un quartier familier où les personnes ont des repères, des liens, et un sentiment minimal de sécurité.
Le quotidien dans un campement : ce qu’il faut comprendre
Biens personnels
Les personnes transportent souvent toutes leurs affaires avec elles: vêtements, documents, mobilier récupéré après une expulsion, objets essentiels. La tente ne suffit pas toujours à tout contenir, ce qui explique la présence d’objets autour des campements.
Gestion des déchets
Certains arrondissements fournissent des bacs, d’autres non. Sans collecte ni alternatives, les déchets s’accumulent ou sont placés dans les poubelles publiques.
Les équipes d’intervention communautaire accompagnent les personnes pour garder les lieux aussi propres que possible. En plus de leur offrir soutien psychologique et logistique, elles aident également à sensibiliser les personnes sur la gestion des déchets et les encouragent à maintenir les lieux aussi propres que possible.
Avant d’agir, prenez un moment pour réfléchir
Voir un campement peut créer de l’inquiétude ou de l’inconfort. C’est normal. S’informer est déjà un geste de solidarité. Avant d’intervenir, demandez-vous:
- Y a-t-il un danger réel? Consultez notre section déterminer le niveau de danger.
- Une intervention est-elle nécessaire?
- Puis-je attendre, observer ou demander un conseil? Rappelez-vous que la majorité des campements sont temporaires et occupés par des personnes cherchant simplement un lieu plus sécuritaire et du répit. Votre compréhension et votre patience peuvent faire une grande différence.
Si vous avez des questions ou besoin d’en parler :
- 211 : information et orientation
- RAPSIM : soutien, informations sur l’itinérance
- Clinique juridique itinérante
Que faire si un campement s’installe?
Si vous êtes témoin d’un campement, posez-vous la question: est-ce que ce campement représente un danger immédiat pour moi ou pour d’autres ? Dans bien des cas, il est possible d’attendre, de s’informer ou d’entrer en contact avec des ressources spécialisées avant de prendre une décision.
Sur un terrain public
Les interventions relèvent des autorités municipales après un signalement. Sachez que les démantèlements ont des conséquences importantes: perte de biens essentiels, rupture avec les équipes de travail de rue ainsi qu’une augmentation de l’insécurité pour les personnes concernées.
- informez-vous au 211 ou consultez le protocole municipal
- essayez de comprendre la situation
- évaluez la nécessité réelle d’une intervention
Sur un terrain privé
Si vous êtes propriétaire ou gestionnaire d’un terrain, la situation peut être déstabilisante. Avant de recourir à une plainte ou une éviction:
- contactez un organisme communautaire ou une équipe de travail de rue qui peut vous accompagner (consultez les ressources communautaires)
- privilégiez une approche humaine axée sur le dialogue
- informez-vous sur vos droits et responsabilités
- contactez le 211 pour obtenir du soutien
Dans tous les cas, il est utile de se rappeler que les campements sont souvent le résultat d’un manque de solutions accessibles et adaptées, plutôt que d’un choix de vie. Prendre un moment pour s’informer, poser des questions ou faire appel à des ressources spécialisées peut permettre d’agir de manière plus respectueuse pour toutes les personnes concernées. Parfois, un simple geste d’écoute ou une démarche collaborative peut ouvrir la voie à une solution plus humaine et durable.
Les démantèlement : ce que disent les faits
La Ville de Montréal s’appuie sur un protocole pour la gestion des campements. Ce dernier crée des zones de tolérance et encadre plusieurs aspects notamment en lien avec la sécurité. Toutefois, il est important de garder en tête qu’un signalement peut toujours entraîner un démantèlement, avec des impacts pour les personnes concernées.
Impacts sur les personnes
Mais les démantèlements ne règlent pas le manque de logements, ni celui de services adaptés, au contraire. Ils entraînent souvent :
- perte de biens essentiels (papiers, médicaments, vêtements)
- rupture des liens avec les équipes d’intervention communautaire
- insécurité et stress accrus
- nuit à la continuité des soins, à l’accès aux ressources, et à la construction de relations de confiance nécessaires pour amorcer des démarches vers la stabilisation
- reconstruction du campement ailleurs
- aucune amélioration de la situation des personnes
Ce que disent les tribunaux
Sur le plan légal, plusieurs décisions récentes rappellent l’importance de respecter les droits des personnes sans abri. Dans plusieurs décisions récentes, les tribunaux ont statué qu’on ne peut forcer une personne à quitter un campement s’il n’existe pas d’alternative accessible ou suffisamment de place en hébergement. Ces décisions soulignent l’importance de respecter la dignité et les droits des personnes sans abri.
Elles montrent aussi que les démantèlements ne peuvent pas être la seule réponse. Déplacer les personnes sans solutions durables aggrave souvent la précarité, pour elles comme pour le quartier.
Pour aller plus loin ou aider
Nous vous proposons certaines lectures pour approfondir vos réflexions concernant les campements. N’hésitez pas à communiquer avec un organisme communautaire en réduction des méfaits afin d’en apprendre plus.
Actualités UQAM : Campements urbains
L’itinérance à Montréal : au-delà des chiffres
Démantèlement de campement, une pratique inconstitutionnelle?
Commission des droits de la personnes et des droits de la jeunesse : Devoir vivre dans un campement, une violation des droits fondamentaux
Rapport final sur les campements : le droit au logement baffoué
Lettre d’opinion Mission Old Bewery : campements d’itinérants, nous pouvons faire mieux
Vignettes itinérance et campements : faire à la crise et renverser la tendance
Itinérance et cohabitation urbaine : Regards, enjeux et stratégies d’action








