Historique
De territoire autochtone à quartier ouvrier, puis lieu de luttes communautaires et d’émancipation, le Centre-Sud s’est transformé au fil des siècles. Cette page retrace les grands moments qui ont façonné son identité, marquée par la solidarité, l’engagement citoyen et la diversité de ses communautés.

PRÉ-INDUSTRIALISATION 1535 – 1899


Établissement de Montréal
En 1611, Samuel de Champlain tente sans succès d’établir un poste de traite des fourrures. Ce n’est qu’avec l’arrivée de Paul de Chomedey de Maisonneuve, en 1642, qu’a lieu véritablement la fondation de Ville-Marie et l’établissement de Montréal.
Contrairement à une idée répandue, Montréal ne naît pas comme un fort de traite, mais comme un centre missionnaire. Maisonneuve supervise la construction de maisons, d’une chapelle, d’un hôpital et d’autres bâtiments essentiels. Montréal se développe comme une ville fortifiée pour assurer la survie de la colonie et la protéger des attaques. Les premières années de Ville-Marie sont marquées par une grande précarité et des conflits récurrents. Ce n’est qu’après la Grande Paix de Montréal, en 1701, que la colonie peut amorcer une croissance plus stable.
Expansion urbaine
et
industrialisation
À la fin du 18e siècle, l’arrivée d’entrepreneur comme John Molson accélère l’essor industriel du quartier. En 1836, la ligne La Prairie–Saint-Jean-sur-Richelieu constitue le premier véritable chemin de fer au Canada. Le développement ferroviaire jouera un rôle déterminant dans la structuration future du Centre-Sud, notamment avec l’implantation de voies ferrées, d’ateliers et d’industries connexes.
Dans le Centre-Sud, les terres agricoles des quartiers Sainte-Marie et Saint-Jacques cèdent la place aux ateliers artisanaux, manufactures et aux logements modestes qui accueillent la main-d’œuvre locale. La croissance démographique et le développement du commerce rendent la vie à l’intérieur de la ville de plus en plus coûteuse pour celles et ceux qui exercent des métiers artisanaux ou journaliers.
Le contexte politique de cette période influence également le quartier. Rébellions, transformations institutionnelles, confédération et industrialisation, le Centre-Sud est le reflet de ces tensions et de ces mutations. Il devient à la fois un lieu d’innovation technologique, industrielle et culturelle ainsi que le théâtre de certains des épisodes publics les plus marquants et controversés de l’histoire montréalaise.
1535
Arrivée de Jacques Cartier
L’histoire de Montréal est souvent associée à l’arrivée de Jacques Cartier sur le site connu sous le nom d’Hochelaga. Si l’emplacement exact de son débarquement demeure débattu, une chose est indiscutable : le territoire qui constitue aujourd’hui Montréal est avant tout une terre autochtone, habitée et occupée bien avant l’arrivée du peuple Européen. Le quartier Centre-Sud est situé sur le territoire traditionnel et non cédé souvent attribué à la nation Kanien’keha:ka (Mohawk), un lieu qui a longtemps servi de site de rencontre et d’échange pour de nombreuses Premières Nations.
1832
Construction de la Prison du Pied-du-Courant
Érigée pour répondre aux besoins du système judiciaire colonial, la prison devient un symbole marquant de l’histoire politique québécoise. En 1838-1839, douze Patriotes y sont pendus à la suite des Rébellions, un événement qui marque durablement la mémoire collective.
1851
Décès d’Émilie Gamelin
Religieuse engagée auprès des personnes pauvres et marginalisées, Émilie Gamelin marque l’histoire sociale de Montréal. Son engagement préfigure les réseaux communautaires qui marqueront le Centre-Sud.
1870
Construction du marché Saint-Jacques
Principal lieu d’approvisionnement des familles ouvrières, le marché devient aussi un espace central de rencontres et de vie sociale. Sa rénovation dans les années 1930, en style Art déco, s’inscrit dans les programmes de relance économique de la Grande Dépression.

Après les débuts instables de la colonie, la population s’étend au-delà des fortifications dans les faubourgs qui offrent des terrains plus abordables. Le territoire qui deviendra le Centre-Sud se développe près du fleuve et des voies de transport, favorisant la présence d’ateliers artisanaux, de commerces et d’industries. Tour à tour appelé faubourg Québec, faubourg Sainte-Marie ou « faubourg à m’lasse », le quartier se forge une identité ouvrière qui annonce son essor industriel. Le quartier incarne les contradictions d’une ville en pleine modernisation : prospérité industrielle et inégalités sociales, expansion économique et luttes politiques, progrès technique et fortes tensions sociales.
INDUSTRIALISATION 1900 – 1949



Accélération
de l’industrialisation
Dès le 19ᵉ siècle, le Centre-Sud devient un pôle économique majeur. Des entreprises nationales, comme le Chemin de fer Canadien Pacifique et la Montreal Light, Heat and Power, s’y installent, attirées par la disponibilité de vastes terrains. La proximité du port et l’accès aux réseaux ferroviaires continentaux favorisent cette croissance. Les infrastructures ferroviaires, énergétiques et portuaires redessinent alors le paysage et consolident le caractère ouvrier du quartier.
Un quartier
industriel majeur
Au début du 20ᵉ siècle, le Centre-Sud est un quartier industriel dense et structuré par le fleuve, les voies ferrées et des axes majeurs comme De Lorimier et Fullum. Usines de confection et de tabac, brasseries, tanneries et imprimeries animent le secteur. La rue Ontario devient le cœur commercial, où se côtoient commerces, logements ouvriers et églises.
Fortement francophone, le Centre-Sud est aussi le berceau du cinéma à Montréal, avec le Ouimetoscope, et est un lieu de vie communautaire très actif. Le quartier accueille également l’un des premiers terrains de baseball de la ville.
Vie nocturne et prohibition
Dans les années 1920, la prohibition aux États-Unis et au Québec fait de Montréal un centre attractif pour l’alcool et la vie nocturne. Les secteurs associés au «Red Light», situés en partie à proximité du Centre-Sud, attirent touristes et activités nocturnes.
Bien que principalement situé à l’ouest des limites de Centre-Sud, ce quartier a un
impact indéniable sur l’histoire du secteur.
De nombreuses travailleuses du sexe vivent dans le quartier. Ces zones seront jugées «insalubres» ou «dégradées» et justifieront alors la démolition d’au moins deux secteurs résidentiels du quartier. Ces transformations préparent le terrain aux changements radicaux que connaîtra le Centre-Sud dans les décennies suivantes.
1906
Ouimetoscope
Fondé par Ernest Ouimet, le Ouimetoscope est considéré comme le premier cinéma permanent au Canada. Son ouverture marque l’entrée du pays dans l’ère du divertissement cinématographique commercial et confirme le rôle du quartier comme espace d’innovation culturelle.
1927
Bain Généreux
Construit pour améliorer l’hygiène publique dans un quartier ouvrier densément peuplé et où plusieurs n’ont pas d’installations sanitaires. Il reflète l’intervention croissante de la ville dans les conditions de vie urbaines.
1930
Pont Jacques Cartier
Débuté en 1925 et inauguré en 1930, le pont Jacques Cartier relie Montréal à la Rive-Sud. Il facilite la circulation des travailleurs et des marchandises, accélérant l’expansion urbaine.
1928-1965
Stade Delorimier
Lieu central du sport professionnel montréalais, il accueille en 1946 Jackie Robinson avec les Royaux de Montréal (équipe de baseball), un moment marquant de l’histoire des droits civiques en Amérique du Nord.

Après des décennies d’essor industriel, le Centre-Sud commence à voir ses usines fermer et son paysage urbain se transformer. Ce déclin prépare le terrain à de profonds changements sociaux et à l’émergence de mouvements communautaires qui façonneront le quartier dans les décennies suivantes.
Post-industrialisation 1950 à 1965



Déclin économique et exode
À partir de la Seconde Guerre mondiale, Montréal perd progressivement sa compétitivité. Modernisation technologique, concurrence internationale et relocalisation économique fragilisent le secteur industriel du Centre-Sud. Petit à petit, les usines ferment et le quartier amorce un déclin économique, suivi d’un recul démographique. Des politiques municipales qualifient une partie du territoire de «vétuste», renforçant cette perception négative.
La qualité de vie se fragilise: exode des familles vers la banlieue, fermeture de commerces de proximité et dégradation du cadre bâti transforment profondément le secteur.
Restructuration
et rupture urbaine
Dans ce contexte, la ville mise sur la modernisation et l’automobile. De grands projets redessinent le territoire: élargissement du boulevard Dorchester (aujourd’hui René-Lévesque), construction de l’autoroute Ville-Marie et implantation de vastes complexes institutionnels.
En 1973, la construction des tours de Radio-Canada entraîne l’expropriation d’environ 5 000 personnes et la démolition de secteurs résidentiels entiers.
Ces transformations modifient non seulement le paysage urbain, mais aussi le tissu social. La disparition de rues, de commerces et de réseaux de voisinage fragilise les solidarités locales.
1940-1950
Escouade de la moralité
La police intensifie la surveillance des bars et des maisons de jeu, révélant les tensions entre la réputation festive de Montréal et les efforts de contrôle moral.
1973
Construction des tours de Radio-Canada
Présenté comme un projet de modernisation et s’inscrivant dans un désir de «revitaliser» le Centre-Sud, le chantier transforme durablement le paysage et le tissu social du quartier. En effet, il entraîne l’expropriation de 5 000 personnes et participe à l’époque à la crise du logement et de l’itinérance à Montréal.
MOUVEMENT COMMUNAUTAIRE1966 à 2000



Naissance du mouvement
communautaire
Dans ce contexte de désindustrialisation et d’appauvrissement, la population s’organise. À la suite de la Révolution tranquille, la population choisit de s’autonomiser et naissent de nombreux organismes communautaires pour répondre aux besoins du quartier.
Plusieurs d’entre eux sont encore actifs aujourd’hui, comme le Comité social Centre-Sud, le Comité logement Ville-Marie ou le Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal. Le Centre-Sud s’affirme ainsi comme un quartier profondément marqué par l’engagement citoyen et les mobilisations communautaires.
Naissance du Village
Dans les années 70, de nombreuses descentes policières visent les commerces gais du centre-ville notamment dans le secteur du Red light. En réaction, des bars ouvrent plus à l’est de la rue Saint-Laurent. Les communautés gaies se déplacent alors vers le Centre-Sud, un quartier industriel en déclin où les loyers sont plus abordables.
Naît alors le Village gai, délimité par les rues Papineau, René-Lévesque, Saint-Hubert et Sherbrooke. Il devient progressivement un lieu de refuge et de fierté où les hommes gais peuvent trouver un espace de liberté.
Dans les années 1980 et 1990, le Village connaît un développement important. Une offre commerciale et culturelle s’y consolide et le secteur s’affirme comme un espace de visibilité gaie, de solidarité et de liberté.
Aujourd’hui, le Village est l’un des plus grands quartiers LGBTQ+ en Amérique du Nord. Il attire des millions de personnes chaque année et demeure un symbole d’émancipation, de vie culturelle et de diversité.
1968
Clinique des citoyens de Saint-Jacques
Née dans l’élan de la Révolution tranquille, cette clinique offre des services de santé accessibles et adaptés aux réalités du quartier.
1974
Le weekend rouge
Le 31 octobre 1974, une grève du service d’incendie de Montréal entraîne une vague d’incendies volontaires, particulièrement dans le Centre-Sud. En 70 heures, une dizaine d’immeubles sont détruits et près de 180 familles se retrouvent sans logement.
De cette crise émerge un important mouvement de solidarité. Plusieurs terrains sinistrés sont ensuite transformés en petits parcs, marquant durablement le paysage du quartier.
1980
Les débuts de l’épidémie du VIH-SIDA
L’épidémie de VIH-sida frappe durement les communautés gaies dans le monde et notamment à Montréal.
Plusieurs membres des communautés gaies ont perdu des personnes proches durant cette épidémie. Le Centre-Sud et, plus précisément, le Village, ont été aux premières loges de ces crises, mais aussi des mobilisations qui les ont entourées.
1990
Descente au Sex Garage
Dans la nuit du 14 au 15 juillet 1990 une descente policière a lieu au Sex Garage, un lieu festif LGBTQ+ du centre-ville de Montréal.
Durant cette nuit, 400 personnes sont évacuées des lieux et neuf personnes arrêtées. Cet événement devient un moment marquant de l’histoire du Village et déclenche une mobilisation importante des communautés LGBTQ+ contre la répression policière.
1990-1993
ACT-UP! Montréal
La section montréalaise d’ACT UP!, née du mouvement international, organise des manifestations théâtrales et des campagnes publiques pour dénoncer l’inaction gouvernementale face au VIH-sida.
1997
Création du parc de l’Espoir
Le 1er décembre 1991, après une marche en lien avec la Journée mondiale du sida, des activistes d’ACT-UP! accrochent 1200 rubans noirs aux arbres se trouvant dans un parc au coin des rues Sainte-Catherine et Panet. Ces rubans, qui avaient été accrochés en mémoire des personnes décédées du sida, sont rapidement retirés par la ville de Montréal.
Malgré tout, la mobilisation se poursuit entre 1993 et 1996, menant à l’inauguration officielle du parc de l’Espoir en 1997. Ce lieu symbolique rappelle à la fois la perte, la solidarité et l’engagement communautaire face à la crise du VIH-sida.

Au début des années 2000, le Centre-Sud se redéfinit. Entre héritage ouvrier, ancrage communautaire et nouveaux enjeux sociaux, le quartier poursuit sa transformation.
LE CENTRE-SUD AUJOURD’HUI


Un quartier fort
de ses racines
Aujourd’hui encore, le Centre-Sud porte les traces vivantes de son passé ouvrier et communautaire. Ce n’est pas un hasard si on y retrouve autant d’organismes. Ils ont contribué à façonner le quartier tel qu’on le connaît. Leur présence témoigne d’une histoire de luttes, de solidarité et d’engagement collectif. Les organismes communautaires ont tissé un véritable filet social, essentiel à la vie du quartier.
Le quartier a été et demeure un lieu d’accueil, d’émancipation et de fierté pour de multiples de populations. Oui, le Centre-Sud connaît ses défis. Mais c’est aussi un quartier unique, profondément enraciné dans des valeurs de justice sociale, d’entraide et de résilience. Reconnaître et valoriser cette histoire, c’est affirmer notre fierté collective et notre volonté de continuer à faire du Centre-Sud un lieu où chaque personne peut trouver sa place.
Cliquez ici pour en savoir plus sur les enjeux et mobilisations actuelles dans
le Centre-Sud.
L’arrivée des sites de consommation
supervisée
En 2017, deux sites de consommation supervisée ouvrent dans le Centre-Sud, gérés par les organismes Spectre de rue et Cactus. Ces espaces permettent d’accueillir des personnes qui souhaitent consommer de la drogue de façon sécuritaire. Ils offrent des services de santé publique utilisant l’approche de réduction des méfaits et permettant de prévenir les ITSS, dont le VIH, et les overdoses.
Si la métropole peut aujourd’hui compter sur trois sites fixes (Cactus, Spectre de rue et Dopamine) et une unité mobile (l’Anonyme) pour réduire les risques de surdose mortelle, la mise en place de ces sites ne s’est pas faite sans crier gare. Ces quatre organismes communautaires, avec le soutien de Stella et de la population, ont livré une longue bataille, sur plus de dix ans, pour répondre aux besoins des plus vulnérables du quartier. Le Centre-Sud est fier d’avoir pu mettre en place ce type de service, même s’il n’est pas sans susciter des défis.
2019
Reconnaissance provinciale du village comme lieu de
refuge et d’émancipation des communautés LGBTQ+
Le 14 mai 2019, l’élue de Québec solidaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, a fait adopter à l’unanimité à l’Assemblée nationale une motion reconnaissant “le statut particulier du Village gai de Montréal comme lieu de refuge et d’émancipation pour les communautés LGBTQ+ du Québec” (Aile parlementaire de Québec solidaire, 2019).
Cette motion reconnaît le rôle important que le Village a joué et continue à jouer pour les communautés LGBTQ+ au Québec, comme lieu de refuge, espace sécuritaire et territoire d’appartenance.
2019
De la rue Amherst à Atateken
Jeffery Amherst était un officier britannique du 18e siècle. Autrefois considéré comme un héros, il est aujourd’hui associé à la politique coloniale envers les Premières Nations, notamment pour avoir appuyé l’utilisation de couvertures contaminées à la variole. Cette relecture historique a mené à une contestation grandissante et au changement du nom de la rue Amherst.
En 2019, la Ville la renomme rue Atateken, un mot mohawk kanien’kéha signifiant « fraternité » ou « solidarité », afin d’honorer les peuples autochtones et de reconnaître cette histoire.
Le Centre-Sud accueille aujourd’hui de nombreuses personnes autochtones venues de régions rurales pour accéder à des soins, rappelant l’impact durable de la colonisation et les enjeux actuels d’inclusion.
2019
COVID-19
En octobre 2020, en pleine pandémie de COVID‑19, le gouvernement transforme l’hôtel Gouverneur de la Place Dupuis en refuge d’urgence pour personnes en situation d’itinérance. Environ 250 places y sont offertes pendant quelques mois.
En juin 2021, l’annonce soudaine de la fermeture du refuge force près de 200 personnes à quitter l’hôtel.
Il est probable que cette fermeture a accentué la pression sur les ressources du Centre‑Sud et a eu un impact sur les enjeux liés à l’itinérance dans le quartier. Cette fermeture entraîne une présence accrue de personnes vulnérables dans les espaces publics, ce qui soulève de nouveaux enjeux de cohabitation et de partage de l’espace dans le quartier.
2020
Black Lives Matter peint
sur la rue Sainte-Catherine
En réaction au meurtre de George Floyd, le Centre-Sud participe au mouvement mondial en peignant « Black Lives Matter » (les vies noirs comptent) sur la rue Sainte-Catherine, affirmant son engagement contre le racisme. L’initiative est portée par une coalition de groupes communautaires et d’organisations de défense des droits civiques, et dirigée par le collectif Never Was Average.
À travers ces évolutions, le Centre-Sud a su s’adapter, faire face aux défis sociaux et économiques et maintenir une forte tradition de mobilisation. C’est cette solidarité vivante qui façonne encore le quartier et qui invite chacune et chacun à poursuivre cette histoire collective de résilience et d’engagement
Pour aller plus loin
- Écoutez les capsules des bâtisseuses: Capsules pour souligner les 50 ans d’activité du Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal (CÉAF) et du Comité social Centre-Sud.
- Visitez l’Écomusée du fier monde
Bibliographie et références
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