Consommation dans l’espace public
Voir une personne consommer dans la rue ou dans un espace partagé peut créer de l’inconfort, du malaise ou un sentiment d’impuissance. C’est une réalité présente dans plusieurs quartiers dont le Centre-Sud, mais il existe des façons de mieux comprendre la situation et d’intervenir au besoin.

Conseils et ressources pour vous accompagner
Rencontrer une personne qui consomme peut être déstabilisant. Voici comment réagir selon le contexte :
Si la personne est dans un espace public partagé (parc, trottoir, ruelle)
- N’intervenez pas directement : cela peut susciter une tension
- Consultez la page Déterminer le niveau de danger si vous n’êtes pas certaine ou certain de la situation
Si la personne est sur votre terrain privé ou devant votre entrée commerciale
Si aucun lien de semble possible ou que vous ne souhaitez pas intervenir:
- Prenez du recul et éloignez-vous si nécessaire.
- Contactez EMMIS (service de soutien communautaire au 211)
- En cas de danger imminent, appelez le 911
Si vous souhaitez intervenir, faites le selon votre capacité en suivant ces conseils :
- Approchez-vous avec humanité : «Bonjour, est-ce que tout va bien ?»
- Expliquez calmement votre besoin : «J’aurais besoin d’utiliser cet espace. Est-ce qu’on peut trouver une solution ensemble?»
- Prenez le temps d’écouter si la personne souhaite parler. Un échange court, calme et sans jugement suffit souvent.
Privilégiez la communication non violente
- Évitez les menaces (« Je vais appeler la police »).
- Utilisez des phrases basées sur vos observations et vos besoins (« Je remarque… », « J’aimerais… »).
- Évitez d’intervenir si la personne est en train de consommer ou vient tout juste de le faire : elle peut être moins réceptive.
- Proposez une alternative si possible : vous pouvez l’orienter vers des lieux plus sécuritaires (sites de consommation supervisée). « Saviez-vous qu’il y a un espace plus sûr pour consommer à Spectre de rue ou Cactus? »
Une personne semble désorganisée ou en détresse. que faire ?
Il est normal de ressentir de l’impuissance ou un malaise dans ces situations. Voici les réflexes utiles:
Distinguer malaise et danger réel
- Demandez-vous: «Y a-t-il un risque imminent pour la personne ou les autres?»
- Consultez la section Déterminer le niveau de danger pour des pistes d’actions.
Si la personne demande de l’aide
- Approchez-vous calmement: «Est-ce que tout va bien?»
- Si la personne est réceptive, vous pouvez tenter de l’aider aux meilleures de vos capacités. N’hésitez pas à vous référer au 211 ou à la carte des ressources si vous souhaitez l’aider à trouver une ressource communautaire
Pour les situations récurrentes favoriser la médiation sociale
-
Pour des problématiques récurrentes,
contactez des services spécialisés comme les équipes de médiation sociale de l’Anonyme et de EMMIS. Ces équipes peuvent accompagner, intervenir et soutenir une cohabitation harmonieuse. -
Si vous souhaitez en apprendre davantage ou disposer d’outils,
l’Anonyme et Spectre de rue offrent du soutien, de la formation et des ressources. Prenez contact avec eux pour en discuter ! -
Réfléchissez aux causes sous-jacentes et les enjeux de la consommation dans les espaces publics,
lisez le Mémoire du RAPSIM (page 25) qui questionne sur les liens entre la consommation de substances, l’itinérance et l’utilisation des espaces publics. Pourquoi ces comportements se manifestent-ils dans ces lieux précis ? C’est une façon de mieux comprendre les besoins et d’explorer des solutions collectives.

Surdoses : reconnaître et agir
Il est important de reconnaître ses limites. Ce n’est pas à vous d’intervenir directement, faites-le uniquement si vous savez comment faire de façon sécuritaire. Dans tous les cas, contactez rapidement le 911.
Reconnaître une surdose
Signes possibles :

Respiration lente ou absente

Peau froide ou moite

Pupilles très petites

Confusion sévère
Que faire en cas de surdose ?
Appelez doucement la personne par un titre respectueux, touchez son épaule pour vérifier si elle réagit.
- Appelez le 911 immédiatement
- Administrez la naloxone si vous en avez et savez comment faire
- Placez la personne en position latérale de sécurité

Rassurez-vous, la Loi du bon Samaritain protège les personnes qui appellent à l’aide : il n’y aura aucune poursuite pour possession simple de drogue et aucun risque judiciaire pour la personne qui intervient. L’objectif de la Loi est d’encourager toute personne à sauver une vie sans crainte des conséquences.
Où trouver de la naloxone ?
- Consultez le répertoire des pharmacies qui offrent des trousses gratuitement.
- Participez à des formations comme Surdoses et naloxone offerte par l’organisme Spectre de rue
C’est quoi un site de consommation supervisé?
Leur mission est de
- prévenir les surdoses
- offrir des soins d’urgence
- référer les personnes consommatrices vers des services de soutien.
Ce sont des lieux sécurisés où les personnes peuvent consommer sous la supervision de personnel infirmier et d’intervention formé en réduction des méfaits.
Bien qu’essentiels, ces sites sont souvent limités par les horaires et le manque de ressources. Ils ne couvrent pas nécessairement tous les modes de consommation, comme l’inhalation ou les stimulants.

Comprendre les attroupements devant des organismes communautaires
Les organismes deviennent parfois des lieux de rassemblement. Ce phénomène peut susciter des préoccupations, mais il reflète surtout un manque d’espaces accessibles et sécurisants dans l’espace public.
Sachez que les organismes mettent en place des interventions et des actions de sensibilisation auprès des personnes qui fréquentent leurs services afin de favoriser une cohabitation harmonieuse.
Nous vous invitons à engager le dialogue avec les organismes, cela permet de :
- mieux comprendre leur mission
- connaître leurs interventions
- identifier leurs contraintes
- imaginer des solutions collectives
Un attroupement n’est pas différent d’une file devant un restaurant populaire, une banque alimentaire ou un service public. Cela indique un manque criant d’espaces adaptés, sécurisants et accueillants pour les personnes en situation de vulnérabilité.
Les organismes communautaires jouent un rôle essentiel, mais ils manquent souvent de ressources et d’endroits adéquats pour répondre à la demande. Un meilleur financement permettrait de développer davantage de lieux plus adaptés, afin de mieux accueillir tout le monde.
Formez-vous avec Spectre de rue
Certains organismes du Centre-Sud, dont Spectre de rue, offrent des formations pour mieux comprendre les réalités liées à la consommation, à la marginalité et au matériel de consommation dans l’espace public. Les offres proposées ci-dessous sont offertes selon les disponibilités de l’organisme et pour des groupes.
Toxico 101
Une introduction pour mieux comprendre:
- les principales substances psychoactives
- les raisons qui peuvent mener à consommer
- les effets possibles
- les préjugés et stéréotypes les plus fréquents
La formation aide aussi chaque personne à identifier ses propres limites et à adopter une posture plus informée et respectueuse.
Durée : 1 h 30 à 2 h
Surdoses et naloxone
Cette formation permet:
- de reconnaître les signes d’une surdose (dépresseurs, stimulants et perturbateurs)
- de savoir comment intervenir rapidement et en sécurité
- d’apprendre à administrer la naloxon
Durée : 1 h 30 à 2 h
Interaction auprès des personnes en situation de marginalité
Pour mieux comprendre les réalités vécues par les personnes en situation d’itinérance ou de précarité :
- outils pour communiquer de façon calme et sécuritaire
- stratégies d’intervention auprès d’une personne intoxiquée ou agitée
- conseils lorsqu’il faut demander à quelqu’un de se déplacer
Durée : 1 h 30 à 2 h
Récupération de matériel de consommation à la traîne
Cette formation présente les différents types de matériel de consommation qu’on peut trouver dans le quartier. Elle permet de distinguer ce qui peut représenter un risque et d’apprendre à le récupérer de façon sécuritaire.
Durée : 30 min à 1 h
Pourquoi certaines personnes consomment dans l’espace public?
La consommation visible est souvent le résultat d’un manque d’alternatives sécuritaires :
- Peu d’endroits où aller
- Sites de consommation supervisée (SCS) à horaires et capacités limitées
- Services qui ne couvrent pas tous les modes de consommation
- Manque d’espaces intérieurs sécurisants pour les personnes vulnérables
- Enjeux d’itinérance, crise du logement, précarité, etc.
Pour aller plus loin :
- Regardez l’émission Enquête sur le travail de Spectre de rue
- Écoutez le balado Contaminé
Faire analyser ses substances
Si vous consommez, faire analyser ses substances réduit les risques de surdose.
- L’analyse permet de détecter la présence de substances inattendues ou particulièrement dangereuses, comme du fentanyl ou des contaminants.
- Ces tests, disponibles dans différents organismes peuvent sauver des vies en donnant des informations fiables.









